Jean-François Fortin Tam utilise ça.

Utilise.ca est un regroupement de mini-entrevues avec des geeks francophones qui nous partagent les outils qu’ils utilisent au quotidien pour accomplir leur travail.


Jean-François Fortin Tam

Jean-François Fortin Tam

Concepteur, usability architect et développeur

Qui êtes-vous et que faites-vous dans la vie?

Je suis un chat mercenaire multidisciplinaire de 23 ans qui s’intéresse énormément au logiciel libre et à l’art (pour faire une introduction courte). Je suis encore étudiant au moment d’écrire ces lignes, et il est probablement trop tôt pour dire précisément où je serai dans un an ou deux. Je passe énormément de temps à m’impliquer dans des projets tels que PiTiVi. J’aspire à travailler en gestion de projets de logiciels libres, particulièrement au développement d’applications faisant appel à mes talents de design.

Qu’utilisez-vous comme matériel?

J’ai commencé à expérimenter avec Linux circa 2003. Je suis devenu accro lorsque j’ai découvert GNOME et j’ai quitté Windows pour utiliser Linux à plein temps depuis Ubuntu 4.10. Comme à peu près tous les nouveaux venus, j’étais un « évangéliste » Linux; je me suis assagi depuis. D’accord, je ne parle pas de matériel ici, mais vous verrez comment ça influence mes choix dans les lignes qui suivent…

Comme ordinateur de bureau, j’utilise un Dell Inspiron 530n qu’on m’a offert. Les specs, on s’en fiche. Je l’ai choisi précisément parce que c’est un « Dellbuntu », c’est-à-dire que le matériel est certifié Ubuntu/Linux. Je ne suis pas très demandant en termes de spécifications matérielles (pour moi, cet ordinateur est déjà une bête de destruction massive dont je n’utilise qu’une partie de la puissance), mais j’exige une fiabilité à toute épreuve et je n’ai pas de temps à perdre à me battre avec du matériel incompatible. En achetant du matériel d’un manufacturier qui le certifie Ubuntu, je m’assure d’un minimum de tracas. Je veux que la gestion d’énergie, plus particulièrement le suspend/resume, fonctionne à la perfection : 100% du temps, pas « la majorité du temps » ou « avec certains bugs ». C’est une des raisons de la fiabilité de Mac OS X : le matériel restreint certifié.

C’est pour les mêmes raisons que j’utilise, comme ordinateur portatif, un IBM/Lenovo Thinkpad T43p que je viens d’acheter usagé (un Pentium M et 1 Go de RAM me suffisent amplement; je roule pas Windows, hein). Les Thinkpad sont reconnus comme étant des tanks (si on exclut les Toughbooks), leur clavier est le meilleur (le “legendary Thinkpad keyboard”), et c’est ce que 9/10 des développeurs de Linux/GNOME utilisent (c’est frappant, dans les conférences), ce qui m’assure que leur matériel a été bien testé et a une bonne réputation. Les Thinkpads ont le même look depuis vingt ans, ce qui, en plus d’être un bon antivol, plaît à l’anticonformiste en moi (je les trouve élégants alors que tout le monde les trouve affreux).

Côté cartes graphiques, je ne suis pas un “gamer” et ça se voit. J’utilise soit des chips intégrées Intel ou, depuis le changement de cap d’ATI lors de leur rachat par AMD, des cartes graphiques AMD (pas les dernières sorties). Je n’utilise ces cartes graphiques qu’avec des pilotes libres, en partie pour l’égo du geek intégriste, mais surtout par choix pragmatique : les pilotes libres ont certaines fonctionnalités absentes des drivers Catalyst, ont une pérennité assurée, et fonctionnent “out of the box”. Pas de bidouillages à faire avec X.org, pas de drivers qui cassent tout le temps au moindre changement dans la configuration système, etc.

J’utilise un agencement de touches « Dvorak canadien français » (probablement spécifique à GNOME!). Je peux dire que c’est effectivement plus rapide, mais surtout, plus ergonomique. Physiquement, j’utilise le clavier légendaire du Thinkpad, ou des claviers « normaux » (clavier de bureau Lenovo ou claviers Dell). Les claviers Apple, très peu pour moi.

Je résiste encore et toujours à la dictature du téléphone cellulaire et de Facebook.

Qu’utilisez-vous comme logiciels?

Pour le web : Chromium (version libre de Google Chrome), parce qu’il remplit la promesse que Firefox n’a jamais su tenir : un navigateur ultra performant. Trop tard, cher panda, ta consommation de ressources m’a assez fait suer ces dernières années.

Pour la bureautique: OpenOffice Writer pour les notes de cours, les travaux scolaires, le manuel d’utilisation de PiTiVi (eh oui!), et les articles que je veux archiver. J’aimerais avoir mieux qu’OpenOffice en général, mais Writer est très bien si on fait usage du styliste (même principe que le CSS, en gros).

Pour tous mes besoins de tableur/statistiques: Gnumeric. Si vous ne l’avez jamais essayé, vous serez surpris de constater que non seulement il est rapide/léger et en GTK+ natif, mais il n’a rien à envier à OpenOffice Calc!

Pour le quotidien: Getting Things GNOME, Specto, Evolution (c’est un excellent client mail. Sérieusement.), PiTiVi, Homebank, Sunbird (même s’il est maintenant abandonné), Totem, Rhythmbox (je veux « un truc qui lit la musique », c’est tout), gnome-search-tool (rapide et redoutable, si on prend le soin de bien nommer ses fichiers), SSH et mon terminal (évidemment). Liferea (pour la lecture de mes actualités de geek, rester à jour sur le développement de mes projets favoris, pour les webcomics, les planètes telles que Planet GNOME).

Intégrité des données et redondance: rsync et cron pour les backups (entre ordinateurs, sur disques durs externes, offsite à l’autre bout de la planète, etc.). Unison pour synchroniser mes fichiers entre desktop et laptop, faute de mieux… Non, je refuse d’utiliser Dropbox/Ubuntu One/tout service en ligne où mes données sont hébergées chez un tiers dont je serais dépendant. C’est dommage qu’il est essentiellement impossible d’utiliser iFolder depuis Ubuntu 5.04 environ; un jour, Sparkleshare nous sauvera.

Pour l’art et la conception: GIMP, Inkscape, gThumb, MyPaint, Shotwell, Glade.

Pour le développement: Bazaar, Git (je m’y habitue, mais franchement, Bazaar me plaît beaucoup plus), Meld (pour visualiser les différences).

Gedit pour tous les articles (incluant celui-ci), la prise de notes simple ou pour la programmation (Python, XHTML, etc.).

Il y a plusieurs logiciels très intéressants sur lesquels je garde un oeil pour le futur, mais autant ne pas les lister, ça n’en finirait plus…

L’unique outil dont vous ne pourriez absolument vous passer, et pourquoi?

Un ordinateur, puisque ça me permet de contourner la question et d’utiliser tous mes outils.

Plus sérieusement: Getting Things GNOME. C’est le logiciel ultime, la panacée pour ceux qui appliquent la méthodologie “Getting Things Done” de David Allen. À la limite, si je ne pouvais utiliser de calendrier, je m’en tirerais quand même grâce à GTG. Les autres trucs (bureautique, messagerie instantanée, lecteur de musique, navigateur web, éditeur de texte), y’en a tellement que c’est facilement interchangeable.